Microphone à directivité unidirectionnelle : le guide complet pour bien choisir
Le microphone à directivité unidirectionnelle capte surtout l’avant et rejette l’arrière.
- Le cardioïde est la directivité unidirectionnelle de référence.
- Diagramme polaire en cœur : lobe large vers l’avant, rejet à l’arrière.
- Usage roi : voix studio, scène et ampli guitare.
- Limite la repisse sur scène et garde un mix propre.
- Attention à l’effet de proximité qui accentue les basses.
- Exemple emblématique : le Shure SM57.
Microphone cardioïde : la directivité unidirectionnelle de référence
Le microphone cardioïde est la directivité la plus répandue en studio, en home studio et sur scène. Son nom vient de la forme de son diagramme polaire, qui ressemble à un cœur pointé vers la source sonore. C’est le choix par défaut dès qu’on veut capter une voix ou un instrument sans ramasser toute la pièce.
- Diagramme polaire en cœur : lobe principal large vers l’avant, zone de rejet à l’arrière.
- Rejet des sons arrière : tout ce qui vient de derrière le micro est fortement atténué.
- Captation modérée des côtés : les sons latéraux sont réduits, mais pas totalement coupés.
- Combinaison omni et figure en 8 : le cardioïde reprend l’avant de l’omni et l’avant du bidirectionnel.
- Voix et amplis guitare : usage roi pour la prise de voix studio, scène et ampli guitare.
- Shure SM57 : exemple emblématique, souvent posé sur une caisse claire ou un ampli.
Concrètement, cette directivité offre un bon compromis : elle isole la source principale tout en restant tolérante sur les mouvements du musicien ou du chanteur. Une voix peut légèrement bouger devant la capsule sans que le niveau chute brutalement.
Sur scène, le cardioïde devient vite indispensable. Il limite la repisse des autres instruments et des retours, ce qui garde un mix plus propre. C’est aussi pour cela qu’on le retrouve sur les prises de batterie, les amplis et la plupart des instruments acoustiques en contexte live.
Attention toutefois : le cardioïde reste sensible à l’effet de proximité. Plus la source s’approche, plus les basses sont accentuées. C’est un atout pour une voix chaude, mais un piège si l’on colle trop le micro sans ajuster l’égalisation.
Microphone omnidirectionnel : le contre-exemple à connaître

Capteur de pression et sensibilité à 360 degrés
- Sensibilité identique dans toutes les directions : 360° de captation homogène
- Capteur de pression au cœur de la capsule
- Aucun effet de proximité, même voix collée au micro
- Peu sensible aux plosives grâce à l’absence de directivité
- Exemple : Neumann KM 183, référence du genre
Le microphone omnidirectionnel fonctionne sur un principe de capteur de pression : la capsule est fermée à l’arrière, et la membrane ne capte que les variations de pression acoustique. Résultat, il présente une sensibilité identique à 360°, sans direction privilégiée. Aucun son n’est rejeté, aucun n’est favorisé.
Cette conception a une conséquence directe sur le basses : contrairement aux cardioïdes, l’omni ne génère aucun effet de proximité. Vous pouvez coller votre bouche à la grille, le rendu restera équilibré. C’est aussi ce qui le rend particulièrement peu sensible aux plosives, ces souffles sur les P et les B qui saturent un cardioïde mal placé. En contrepartie, il capte la réverbération de la pièce avec la même générosité que la source directe.
Usages adaptés : lavaliers, overheads, ambiance
L’omni brille dans trois situations précises. En lavalier, il est idéal : fixé au col, il capte la voix sans exiger un alignement parfait de l’utilisateur. En overhead de batterie, il restitue l’ensemble du kit avec une image naturelle. En prise d’ambiance, il capture la salle, les applaudissements, la réverbération.
Il convient aussi au piano et aux enregistrements en acoustique traitée, là où l’espace sonore fait partie du résultat. En revanche, dans un local non traité ou bruyant, l’omni devient contre-productif : mieux vaut alors se tourner vers un une directivité resserrée.
Microphone bidirectionnel (figure en 8) : la directivité des duos
Le microphone bidirectionnel capte les sons par l’avant et par l’arrière, mais rejette totalement ceux qui arrivent sur les côtés. Son diagramme polaire dessine une figure en 8 : deux lobes symétriques séparés par une zone de silence latérale. Ce comportement vient d’un capteur de gradient de pression, qui mesure la différence de pression entre ses deux faces.
On le trouve surtout parmi les microphones à ruban, comme le Warm Audio WA-44. Très sensible à l’effet de proximité, il produit des basses chaudes quand la source s’approche. Sa zone morte sur les côtés en fait l’allié des duos de chanteurs et des interviews face à face : deux personnes se placent de part et d’autre, chacune dans un lobe.
Encore faut-il soigner l’acoustique de la pièce. Tout ce qui se réfléchit derrière l’un des intervenants entre directement dans le lobe opposé. Éloignez les murs, ajoutez des absorbants, et gardez les deux voix à distance égale du micro.
Supercardioïde et hypercardioïde : les variantes resserrées du unidirectionnel
Le microphone supercardioïde pousse la logique du unidirectionnel encore plus loin que le cardioïde classique. Son angle de captation moyen tourne autour de 115°, ce qui le rend nettement plus sélectif qu’un cardioïde standard. On le retrouve souvent sur scène et en home studio pour isoler une source dans un environnement chargé en bruits parasites.
- Angle de captation d’environ 115°: zone de prise de son plus étroite que le cardioïde
- Lobe arrière présent: légère sensibilité à l’arrière à surveiller
- Meilleur rejet des parasites: efficace contre les bruits latéraux et lointains
- Réduit la repisse sur scène: limite les fuites entre instruments et voix
- Placement précis exigé: la moindre erreur d’angle s’entend
- Hypercardioïde encore plus étroit: lobe avant plus resserré que le supercardioïde
Ces deux variantes partagent un point commun important à comprendre: elles ne sont pas totalement unidirectionnelles. Le lobe arrière capte une petite partie du son venant de derrière le micro, ce qui surprend souvent les débutants.
Ce lobe arrière n’est pas un défaut: il fait partie du fonctionnement du micro. Mais il impose de placer les retours de scène en dehors de cette zone pour éviter les larsens. En studio, cela signifie aussi qu’un mur réfléchissant juste derrière le micro peut réinjecter du son indésirable.
Le micro hypercardioïde accentue encore ce phénomène: son lobe avant est plus étroit, son lobe arrière légèrement plus marqué. Il exige une distance et un angle constants, sous peine de variations de timbre audibles à l’enregistrement.
En résumé, ces directivités conviennent surtout aux situations où il faut isoler une source précise malgré un environnement bruyant ou encombré. Les autres configurations restent souvent plus simples à maîtriser pour un débutant.
Définition de la directivité et lecture du diagramme polaire
La directivité désigne la façon dont un microphone capte les sons selon leur provenance. Concrètement, elle indique à quel point l’appareil est sensible face à la source, sur les côtés ou à l’arrière. On distingue deux grandes familles : les micros omnidirectionnels, sensibles de manière identique sur 360°, et les micros directionnels, qui privilégient une zone et rejettent le reste.
Pour visualiser cela, on utilise le diagramme polaire, une représentation graphique en forme de cercle. Le centre correspond au microphone, et la courbe dessinée autour montre sa sensibilité dans chaque direction. Une forme de cœur indique un cardioïde, un cercle parfait un omnidirectionnel, et un 8 un bidirectionnel. Ces trois profils constituent les directivités de base.
À découvrir aussi
Pour choisir une directivité en connaissance de cause, mieux vaut comprendre ce qu’elle implique. Et si vous devez enregistrer une conversation dans une pièce, sachez que la loi française impose le consentement de tous les participants.
Attention à ne pas confondre : la directivité est indépendante du type de transducteur. Un micro dynamique comme un condensateur peut être cardioïde, omni ou figure en 8. C’est la conception acoustique interne, et non la technologie de capsule, qui détermine le diagramme polaire.
Effet de proximité : ce qui change selon la directivité
L’effet de proximité désigne le renforcement des basses fréquences lorsque la source sonore s’approche du micro. Il concerne uniquement les microphones cardioïdes et bidirectionnels (figure en 8), qui captent le son grâce à un gradient de pression. Plus la source est proche, plus les graves sont marqués. Ce phénomène permet d’obtenir une sonorité chaude et intime en chant rapproché, à quelques centimètres de la grille.
À l’inverse, un microphone omnidirectionnel reste totalement neutre puisqu’il fonctionne comme un capteur de pression sensible de façon identique à 360°. Il n’entraîne aucun effet de proximité, ce qui garantit une réponse en fréquences stable même à faible distance.
Attention toutefois : l’effet de proximité s’accentue quand on s’éloigne du micro tout en parlant plus fort. Le niveau de graves ne diminue pas de la même façon que les autres fréquences. Pour un rendu régulier, mieux vaut garder une distance constante et ajuster le gain plutôt que de compenser au casque.
Comment choisir sa directivité unidirectionnelle en pratique
Correspondance usage et directivité recommandée
- Streaming solo sur cardioïde : voix centrée, bruits latéraux atténués
- Podcast face à face : bidirectionnel, un interlocuteur par lobe
- Home studio : cardioïde par défaut pour voix et instruments
- Environnement bruyant : supercardioïde ou hypercardioïde
- Prise à distance : micro canon, directivité très resserrée
Bonnes pratiques de placement et de distance
Une fois la directivité choisie, le placement fait la différence. Pour une formation live, placez les micros à environ 20 pieds de la scène et à une hauteur de 7 à 8 pieds. Cette configuration évite que chaque musicien bouge trop près ou trop loin de sa capsule.
En home studio, gardez une distance constante entre bouche et micro. Si vous vous approchez, les basses montent (effet de proximité). Si vous reculez, la voix s’amincit et la pièce reprend le dessus. Idéalement, restez entre 10 et 20 cm pour une prise de voix cardioïde ou hypercardioïde, et visez la capsule bien dans l’axe.
Pour un supercardioïde, l’angle de captation tourne autour de 115°, ce qui pardonne moins les écarts d’orientation qu’un cardioïde classique. Si vous bougez la tête en parlant, le niveau chute vite. Un léger recul ou un pivot peuvent suffire à faire varier le son de façon audible. Testez par vous-même : enregistrez une phrase à 15 cm puis à 30 cm, et comparez.
Enfin, oubliez le mythe du micro parfait. Un cardioïde bien placé dans une pièce correcte donnera de meilleurs résultats qu’un hypercardioïde mal orienté dans un environnement bruyant. La directivité est un outil, pas une garantie.
