Quel micro capte uniquement devant : guide des directivités cardioïde, hypercardioïde et canon
Le micro cardioïde capte uniquement devant et rejette l’arrière.
- Cardioïde : capte l’avant, rejette l’arrière.
- Hypercardioïde : isole mieux, lobe arrière réduit.
- Rejet arrière et latéral : clavier et enceintes éliminés.
- Canon : très directif, source lointaine dans l’axe.
- Position face au micro plus exigeante si directivité serrée.
Directivité et diagramme polaire : cardioïde, hypercardioïde, canon
La directivité désigne la façon dont un micro capte le son selon l’angle d’où il provient. On la représente avec un diagramme polaire, une sorte de carte en forme de cercle qui indique les zones de captation forte et les zones de rejet. Plus le motif est resserré vers l’avant, plus le micro ignore ce qui se passe derrière et sur les côtés.
Comprendre les diagrammes polaires : cardioïde, supercardioïde, hypercardioïde
- Cardioïde : capte principalement l’avant, rejette l’arrière.
- Supercardioïde : plus étroit que le cardioïde, rejette mieux les côtés.
- Hypercardioïde : isole encore mieux que le cardioïde, avec un lobe arrière réduit.
- Canon : très directif, conçu pour capter une source lointaine dans l’axe.
- Bidirectionnel : capte l’avant et l’arrière, rien sur les côtés.
- Omnidirectionnel : capte à 360°, avec une intensité identique tout autour.
Pourquoi un micro qui capte uniquement devant élimine les bruits
Un micro cardioïde placé face à la voix rejette naturellement ce qui arrive de l’arrière : clavier, ventilateur, enceintes ou bruit de pièce. C’est ce qu’on appelle le rejet arrière et latéral. Résultat : la voix reste propre même dans une pièce imparfaite.
Plus la directivité est serrée, plus ce rejet est marqué. Un hypercardioïde ou un canon réduit davantage les sons latéraux, idéal quand l’environnement est bruyant. En contrepartie, la position face au micro devient plus exigeante : il faut rester bien dans l’axe.
Types de micros : dynamique, statique, ruban

| Type de micro | Principe et robustesse | Usage recommandé | Alimentation requise |
|---|---|---|---|
| Dynamique | Bobine mobile, très robuste | Scène, podcast, ampli guitare | Aucune |
| Statique (condensateur) | Capsule sensible, plus fragile | Studio voix, instruments acoustiques | Alimentation fantôme 48V |
| Ruban | Ruban métallique, son chaud, fragile | Prise de son studio haut de gamme | Souvent aucune, parfois 48V |
Ces 3 types principaux de micros couvrent la quasi-totalité des situations. Le choix dépend surtout de votre usage et de votre budget, pas de votre niveau.
Le micro dynamique supporte de fortes pressions acoustiques sans saturation. C’est le choix naturel pour la scène et pour les sources puissantes. Le Shure SM7B, un dynamique cardioïde utilisé par Michael Jackson, reste une référence pour le podcast et la radio.
Le micro statique, aussi appelé condensateur, offre une réponse en fréquence large et une grande sensibilité aux détails. Il nécessite une alimentation fantôme 48V. Le Neumann TLM 103 et l’Audio-Technica AT4053b couvrent tous deux une plage de 20 Hz à 20 kHz, idéale pour la voix.
Le micro à ruban délivre une qualité sonore chaude et naturelle, mais il est plus fragile et plus coûteux. Il se destine à un usage studio soigné, pas aux déplacements fréquents.
Sélection des meilleurs modèles recommandés
Voici une sélection de micros reconnus pour leur capacité à ne capter que devant. Chaque modèle correspond à un usage et un budget précis, du podcast amateur à la prise de voix studio.
- Shure SM7B : dynamique cardioïde, référence radio et podcast, XLR, environ 400€
- Neumann TLM 103 : statique studio pro, réponse de 20 Hz à 20 kHz, distorsion très faible
- Audio-Technica AT4053b : hypercardioïde dédié voix, bande 20 Hz à 20 kHz
- Blue Yeti : USB multi-directivités, à partir de 147€
- AKG C414 XLII : 9 directivités sélectionnables, polyvalent studio
- Kit Sandberg : tout-en-un petit prix, filtre anti-pop inclus
Le Shure SM7B reste le choix le plus sûr pour la parole : sa capsule cardioïde rejette fortement l’arrière, ce qui limite les bruits de clavier et de pièce. Il ne nécessite aucune alimentation externe, un vrai atout pour les débutants.
Pour une voix plus détaillée, le Neumann TLM 103 offre une bande passante de 20 Hz à 20 kHz avec une distorsion très faible. Attention toutefois : un micro statique exige une alimentation fantôme 48V et une interface audio.
Si vous cherchez un modèle très directionnel, l’Audio-Technica AT4053b en hypercardioïde isole encore mieux la voix des sons latéraux. En USB pur, le Blue Yeti à partir de 147€ reste le plus accessible, avec plusieurs directivités au choix. L’AKG C414 XLII et ses 9 directivités conviendront à ceux qui veulent un seul micro pour tout faire.
Connectique USB ou XLR : lequel choisir
USB : plug-and-play pour débutants
Un micro USB se branche directement sur un ordinateur, sans carte son ni interface. C’est la solution la plus rapide pour se lancer : le Blue Yeti à partir de 147€ fonctionne dès la sortie de la boîte, avec une installation immédiate.
Les modèles USB embarquent souvent plusieurs directivités sélectionnables, comme l’AKG C414 XLII et ses 9 directivités disponibles. Pratique pour tester la captation frontale sans changer de matériel. Attention toutefois à la connectique mobile : certains micros-cravates réclament une version minimale du système, par exemple iOS 11 pour le Rode SmartLav+ Lightning.
XLR : qualité audio et durabilité professionnelles
Le raccordement XLR exige une interface audio, une console ou une carte son, mais il offre une qualité supérieure et moins d’interférences sur toute la longueur du câble. C’est le standard des studios et de la radio : le Shure SM7B, micro dynamique cardioïde utilisé par Michael Jackson, se branche en XLR.
Cette connectique vieillit mieux et se prête aux longues sessions d’enregistrement. Comptez environ 400€ pour un micro XLR pro (Sennheiser, Neumann), sans le matériel supplémentaire. Les micros à condensateur réclament souvent une alimentation fantôme 48V, à vérifier avant l’achat.
Choisir selon usage : chant, podcast, visio, vidéo
Le meilleur micro est celui qui correspond à votre situation réelle. Un modèle cardioïde serré conçu pour la scène ne conviendra pas à une visioconférence, et inversement. Voici comment trancher rapidement selon votre usage principal.
- Chant scène : micro dynamique cardioïde, robuste et sans alimentation externe.
- Podcast : micro USB ou XLR cardioïde, de 147€ à 400€ selon le niveau.
- Visio : casque micro intégré ou micro pieuvre posé sur la table.
- Studio voix : micro statique large membrane, alimenté en 48V.
- Instruments acoustiques : micro à condensateur pour capter les détails.
- Ampli guitare : micro dynamique placé devant le haut-parleur.
Chant et podcast : priorité à l’isolation frontale
Pour la scène, un micro dynamique cardioïde reste le choix sûr : il supporte de fortes pressions acoustiques sans saturer et n’exige aucune alimentation fantôme. Pour le podcast, visez une directivité cardioïde ou hypercardioïde : la voix arrive de face, les bruits de pièce et de clavier restent derrière. Un modèle USB comme le Yeti Logitech à 147€ suffit pour débuter, tandis qu’un XLR comme le Sennheiser à 400€ offre une marge de progression supérieure.
Visio et réunions : capter la voix sans tout capter
En visioconférence, inutile de viser un micro de studio. Un micro pieuvre placé au centre de la table capte jusqu’à 6 mètres, et certaines références gèrent des salles de 6 à 15 personnes. L’objectif n’est pas la perfection sonore, mais une voix claire et intelligible pour vos interlocuteurs.
Studio et instruments : privilégier la précision
Pour une voix off ou un instrument acoustique, un micro statique large membrane délivre une réponse en fréquence étendue, souvent de 20 Hz à 20 kHz, avec un niveau de détail qu’un dynamique n’atteint pas. Pour un ampli de guitare, revenez à un micro dynamique : il encaisse le volume élevé sans distorsion.
En résumé : commencez par votre usage principal, puis vérifiez la directivité et le type de micro. C’est ce couple, plus que le prix, qui déterminera la propreté de votre captation.
Micro interne vs micro externe : que choisir
Les micros intégrés aux boîtiers, smartphones et ordinateurs sont omnidirectionnels : ils captent les sons à 360° avec une intensité identique tout autour de l’appareil. Pratique pour filmer une ambiance générale, mais problématique dès que vous voulez isoler une voix : clavier, ventilation, enceintes et conversations voisines s’invitent dans l’enregistrement.
Un micro externe change la donne. Il se fixe sur la griffe porte-accessoires du boîtier ou se tient à distance, et se branche en USB, en XLR ou via un câble de 6 mètres comme sur le Boya micro-cravate ou le Movo VXR10. Sur tous les tournages professionnels, c’est la solution retenue, avec des marques comme RØDE, Sennheiser ou Boya.
Réservez donc le micro interne aux vidéos souvenirs où l’ambiance compte plus que la parole. Dès que la voix doit passer devant, passez à un micro externe : c’est le seul moyen fiable d’éliminer les sons environnants non désirés sans retoucher l’audio en post-production.
